J’écris cet article avec un dégoût prononcé : c’est ce qui se passe quand la plus belle compétition du monde, à savoir la Coupe du monde de football, se transforme en cirque à l’échelle planétaire.

La Coupe du monde de football est normalement un moment de fête intercontinental qui rassemble, un moment de partage immense, et cela depuis des décennies. Cependant, cette année était particulière, la compétition étant organisée sur TOUT le continent nord-américain, avec une majorité de matchs (78 sur 104) disputés aux États-Unis d’Amérique, vu la politique interne pratiquée par le gouvernement américain. Et curieusement, toutes les plaintes sur le non-respect des droits de l’homme que nous avons entendues (avec raison) lors des précédentes Coupes du monde, notamment celles du Qatar et de la Russie, se sont subitement tues.

L’idée ici n’est pas de défendre ces pays, mais une fois de plus de noter les positions à géométrie variable des bien-pensants occidentaux, qui font montre de beaucoup de courage lorsqu’ils affrontent des pays qu’ils regardent avec un air supérieur, contrairement à toute la bienséance dont ils font montre face à la farce de l’administration Trump, en ne fustigeant que très peu tous ses écarts.

Entre les Iraniens, qui ont eu des conditions de préparation épouvantables, ceux-ci ne pouvant pas séjourner sur le territoire états-unien alors même que leur match s’y déroulait, les contrôles désobligeants aux aéroports pour certaines équipes, le refus de délivrer des visas aux populations de nombreux pays du « Sud global », l’annulation de visas déjà obtenus pour d’autres… Bref, il y a pléthore d’exemples pour lesquels des critiques seraient nécessaires, mais nous avons assisté à des faux-semblants.

Tout est politique, et le football ne déroge pas à la règle : cette compétition en est le parfait exemple. Les ingérences politiques se multiplient, les attaques contre les concitoyens de certains pays aussi, comme l’arbitre somalien (seul arbitre africain de la compétition) qui n’a pas pu entrer sur le territoire, ou encore l’intervention du président américain pour faire suspendre le carton rouge de Folarin Balogun. Tous ces faits, s’ils avaient été commis par des pays jugés faibles, seraient condamnés, mais ils sont pris à la légère lorsqu’ils sont faits par et pour les puissants.

Nous assistons à une succession d’actes qui vont de mal en pis.

Ce football que nous aimons tant est pris en otage par la FIFA, l’instance même qui est supposée le protéger. Bien vrai que l’organisation a, de mémoire, toujours été corrompue à un certain niveau, nous assistons dorénavant à un véritable simulacre, et cela depuis le FIFAgate.

Ce sport qui nous passionne est maintenant plus que jamais dans la tourmente, et nous, les aficionados du sport, restons hébétés, impuissants.

Ce que je vais vous dire pouurait ressdembler a du whippinage. Cependant, aujourd’hui plus que jamais, sachez que dans ce monde qui bascule dans le fascisme — si nous n’y sommes pas déjà à bien des égards —, et la géopolitique du footbal auquel on assiste est pour moi l’exemple parfait. Je vous exhorte, vous qui êtes dans des pays où la démocratie existe encore, à voter. Voter pour préserver vos droits, mais aussi ceux des autres.

Si nous continuons à rester dans notre entre-soi, l’humanité perdra, et la triste histoire que le monde a connue va inexorablement se répéter, car de ce que je constate, les humains n’apprennent jamais, jusqu’à ce que ce soit trop tard.

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