
Tuer son ego … plus facile à dire qu’à faire
Peut-on vraiment aimer sans ego ? C’est une question que je me pose souvent. On entend partout qu’il faut « tuer son ego » pour aimer pleinement, et dans l’absolu, j’y adhère. Mais honnêtement ? Je trouve ça profondément difficile.
L’ego, ce vilain mot
J’avoue que je suis quelqu’un d’orgueilleux, et oui, c’est un défaut quand cela est en excès, je le sais. J’ai un grand ego et en plus très fragile, (imaginez vous !). Des problèmes de confiance aux autres à n’en plus finir, mais aussi un grand cœur qui ne veut plus souffrir. Alors forcément, la question se pose : l’essence même de l’amour ne comporte-t-elle pas une part de souffrance, ou du moins la capacité à supporter de petites frustrations ?
Ce que j’ai du mal à accepter, c’est cette idée qu’on devrait aimer sans rien attendre en retour. Faire ce que son cœur demande, sans chercher de récompense. C’est beau en théorie. En pratique, c’est une autre histoire. L’être humain, par nature, veut être aimé par la personne qu’il aime. Et à part un parent, demander à quelqu’un de vous aimer sans retenue me semble presque irréaliste.
Ce que les blessures font à l’amour
Un premier amour est innocent. Dans la jeunesse, on n’a pas encore accumulé les blessures qui nous changent profondément. Mais après quelques ruptures, on n’est plus pareil. On se construit des armures, des mécanismes de défense , et l’ego en fait partie.
Il y a d’ailleurs des choses que mon esprit efface pour me protéger. Je ne souhaite pas m’en rappeler, et mon cerveau m’y aide bien. C’est pour ça que je ne comprends pas ( et j’avoue avoir jugé ) ceux qui s’exposent publiquement sur des challenges TikTok comme « J’ai perdu ma dignité quand ». Comment accepter ces humiliations, et qui plus est les rendre publiques ? Certaines choses, selon moi, devraient rester à vie pour soi.
Entre regret et dignité
C’est vrai, mon ego me gâche certaines choses, j’en suis convaincue, et cela s’accompagne de regrets. Mais entre le regret de ce qui aurait pu être et le regret d’avoir laissé piétiner son ego… je ne sais toujours pas ce qui est pire.
Ce que je sais, c’est que j’ai fait les deux. J’ai parfois abaissé cet ego qui m’est si cher. Et j’avoue l’avoir souvent regretté.
Trouver l’équilibre
Je continuerai dans ma trentaine à travailler là-dessus. Être trop orgueilleuse est un défaut — même si cet orgueil me protège de beaucoup d’humiliations. L’enjeu, c’est de trouver l’équilibre.
Car baisser son ego ne doit pas signifier piétiner sa dignité. On dit qu’en amour il faut être prêt à tout donner, mais je ne crois pas qu’on doive se perdre pour autant. Aimer pleinement, oui. Disparaître, non.
Et vous, où tracez-vous la ligne ?
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