
Quand j’étais petite, j’étais sûre et certaine qu’avant mes 25 ans, je serais mariée, que je vivrais dans ma maison de rêve avec mes beaux enfants.
Et puis, plus le temps passait, plus l’idée que je me faisais de ma vie rêvée devenait floue. Non pas parce que j’étais triste de ne pas avoir réalisé ces rêves d’enfant, mais surtout parce que je ne croyais plus que ces règles me correspondaient.
Comment cette enfant, biberonnée aux contes de fées Disney et à High School Musical, n’aspirait-elle plus au « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » ?
Alors disons-le clairement : ce n’est pas une fin en soi pour moi, même si, de par mes origines africaines, cette mentalité peut sembler absurde pour beaucoup.
À l’adolescence, on nous soumet à une pudeur extrême : on ne doit rien faire, rien explorer. Puis, après avoir mis l’accent sur les études et le travail, quand on coiffe la Ste Catherine on te demande :
« Alors, c’est pour quand le mariage ? »
De quoi s’arracher les cheveux.
Je crois que des mariages heureux existent, mais j’en connais peu. Et souvent, face au malheur, j’ai l’impression que certains veulent qu’on les rejoigne dans leur quotidien pesant. Pareil avec les enfants.
J’aime les enfants (particulièrement ceux des autres) mais j’ai souvent l’impression qu’en tant que femme, cela exige un abandon total de qui l’on est. Et, ma foi, je n’ai pas envie d’abandonner qui je suis.
Écoutez, je ne suis pas contre les enfants. Si, par mégarde, Dieu me joue un tour et que je me retrouve avec une grossesse cryptique (ma plus grande peur), soit.
Cependant, la maternité, pour moi, hors les incongruités de la vie, sera un projet choisi et réfléchi à deux… ou ne sera pas.
Bien sûr, l’autre peut partir. Mais parfois, certains vous montrent clairement qui ils sont, et vous décidez quand même de rester.
La vie est faite ainsi, faite de choix. Et le mien n’est pas de subir la maternité parce que la société m’y ordonne.
Bien trop de femmes ont souffert avant moi pour m’offrir le choix.
Je refuse de me perdre sous l’injonction familiale, sous le mépris des hommes, sous le poids des responsabilités, au risque de perdre qui je suis. Et je suis très loin de détester les enfants. D’ailleurs, j’irais même jusqu’à dire que je les aime (ceux des autres en particulier). J’ai même la liste de mes potentiels enfants. Mais parce que je sais que je serais une bonne mère, cela veut-il dire que je dois être mère ? Je ne le pense pas.
En effet, il ne suffit pas de pouvoir être mère ou d’avoir une envie passagère quand on voit un enfant sourire. Le simple fait de savoir que l’on pourrait être un bon parent ne suffit pas à faire de soi un parent.
Moi ? Si on me le demandait demain, après-demain, et sûrement encore pour les années à venir, je dirais non. La porte est-elle totalement fermée ? Non.
Mais je sais que je suis dans un état d’esprit extrêmement égoïste qui, pour ma part, ne convient pas à l’arrivée d’un enfant dans ma vie. Je veux dormir les jours fériés sans me réveiller à 6 h parce que les enfants ont une activité. Je veux voyager en basse saison sans regarder le calendrier scolaire de qui que ce soit. Je veux voyager sans me sentir coupable de « délaisser » un enfant. Je veux continuer à me mettre en Ne pas déranger sans avoir peur d’un appel impromptu signalant une crise.
Je veux penser à moi et à mon bien-être d’abord. Continuer à aller chez Zara sans culpabilité, mais aussi planifier l’achat de mes sacs Chanel sans penser à des frais de scolarité exorbitants qui m’obligeraient à faire des sacrifices que je n’aimerais pas toujours. Je ne le désire pas et je ne le souhaite pas. Je ne veux pas devoir travailler à tout prix. D’ailleurs, les entreprises utilisent souvent les enfants comme frein pour nous tenir en laisse — et non, je ne veux pas.
Personne ne compte sur moi. Même si je tombe aujourd’hui, personne n’en ressentira les effets à long terme de manière exponentielle. Que je meure, fasse faillite ou décide de vendre tous mes biens pour faire le tour du monde, personne d’autre que moi n’en subira les conséquences.
Et ce sentiment-là, je ne suis pas prête à l’abandonner.
Sur ce, merci de m’avoir lue, et à bientôt.
MalyneViMuse
Take care !
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