La mort, on s’y attend tous, mais on n’y est jamais préparé. Nous savons tous que nous finirons par mourir. Le temps que nous avons sur cette terre n’est malheureusement pas infini. Chaque jour, nous vivons en sachant que ce nouveau jour nous rapproche inévitablement de notre fin.

Elle fait partie intégrante de la vie. Pourtant, notre société, dominée par le capitalisme, nous contraint souvent à mettre de côté nos émotions et à poursuivre nos activités professionnelles, même dans les moments les plus difficiles. Les politiques de deuil en entreprise sont souvent jugées insuffisantes, laissant les salariés confrontés à un dilemme déchirant : faire face à leur souffrance ou répondre aux exigences de leur employeur.

Vous l’avez compris, je vais vous parler du calvaire que le capitalisme nous fait subir, face à certaines situations de vies réelles et universelles comme le deuil. Ce système, souvent centré sur la productivité, laisse peu de place à des réalités profondément humaines. Dans mon pays, lorsqu’un proche ou un membre de notre famille décède, nous avons le droit à 1 à 5 jours de congés payés. Cette limite de temps est souvent bien insuffisante pour faire face à la douleur de la perte, mais aussi pour organiser des obsèques.

Cette limitation de temps illustre comment le capitalisme, en valorisant avant tout le travail et la productivité, néglige les besoins émotionnels des individus. Bien qu’étant une réalité universelle, la mort est souvent réduite à une formalité administrative.

Ce manque de considération soulève des questions essentielles : comment réorganiser nos sociétés pour qu’elles intègrent davantage d’empathie et d’humanité dans la gestion de ces moments cruciaux ? Est-ce qu’à l’heure actuelle seulement les personnes aisées ont le droit de vivre un deuil de façon humaine ?

En tant que personne ayant déjà perdu un parent, je trouve que ce temps accordé est ridiculement court. Les émotions par lesquelles on passe sont trop grandes pour être capable de les procéder de façon saine en 5 jours ouvrables. Je pense qu’il est possible de créer des systèmes plus adaptés afin de concilier les impératifs économiques et les besoins humains.

Pour cela, il est essentiel de sortir du carcan de cette économie de marché dans laquelle nous nous complaisons bien souvent. En me lisant, vous pourriez penser que je suis une farouche opposante de la société économique libérale dans laquelle nous vivons. Pourtant, ce n’est pas le cas. Cependant, il est absolument nécessaire de critiquer les excès du capitalisme afin d’envisager des alternatives plus équilibrées.

Les normes sociales imposées par le capitalisme nous incitent à continuer coûte que coûte, même dans les moments les plus difficiles de nos vies. Sans travail, pas de salaire, et sans salaire, les factures ne peuvent être payées. Ainsi, le deuil déjà éprouvant, s’accompagne d’un stress supplémentaire. Dans ce système, nous ne prenons souvent pas le temps de s’occuper de nous-mêmes, particulièrement sur le plan mental. Faire une pause mentale est mal vu : elle est perçue comme un signe de faiblesse ou d’un manque d’ambition. Si tu t’arrêtes, tu es faible ! Si tu t’arrêtes, tu manques d’ambition !

Quelle tristesse ! Nous courrons sans cesse, sans jamais nous arrêter, pour finalement laisser nos proches seuls sur cette terre. Et eux, pris dans le même tourbillon, n’auront même pas le temps de nous pleindre comme il le faudrait, car ils doivent eux aussi continuer de courir.

Je sais ô combien il est difficile de prendre du temps pour soi, en particulier dans les moments de deuil. J’aimerais que les politiques des entreprises en la matière évoluent, mais je suis bien consciente que, dans le monde actuel, cela reste une pensée presque utopique et attendre un changement radical semble illusoire. Par contre, nous pouvons nous préparer au moins financièrement nous-mêmes à affronter ses épreuves.
Lorsque mon père est décédé, je n’étais pas prête, ni émotionnellement ni financièrement. Il était mon pilier, mon Baobab”, celui qui éclairait mes moments d’obscurité. Sa disparition a marqué le début d’une longue période de dépression. Je vous épargne les détails, mais sachez que cette épreuve m’a plongée dans une détresse profonde et prolongée. En plus de mon deuil, il m’a fallu affronter la réalité financière que je n’avais pas anticipée.


La mort est inévitable, et pourtant, dans nos sociétés africaines, c’est un sujet dont on parle rarement. Les tabous culturels et la peur d’évoquer des réalités douloureuses nous poussent souvent à éviter ces conversations essentielles. Pourtant, il est crucial de s’y préparer, autant sur le plan émotionnel que financier. Si vous en avez la possibilité, prenez dès maintenant le temps de vous renseigner sur les démarches à suivre, que ce soit en contactant vos institutions financières ou en organisant vos affaires personnelles.

Je vous l’avoue, dans un état de désarroi comme je l’ai connu, il aurait été impossible de faire face sereinement à la vie quotidienne. Aujourd’hui, je vais mieux, mais je vous exhorte à vous préparer à ce moment inévitable de la vie humaine. Bien sûr, personne ne peut se préparer entièrement sur le plan émotionnel. Mais atteindre une certaine stabilité financière, qu’il s’agisse d’épargner ou d’avoir une organisation adaptée, vous permettra de vivre mieux en moment difficile.

Bien à vous, MalyneVi.

2 réponses

  1. Très belle plume.

    Effectivement, cela prend du courage et beaucoup de volonté personnelle pour prendre soin de sa santé mentale (le deuil étant un des événements affectant la santé mentale), en dépit du qu’en dira-t-on. Et ça prend un coussin financier aussi.

    En espérant que tu essaies tant bien que mal de prioriser ta santé mentale, que nous essayons tous d’ailleurs, en commençant par comprendre et anticiper le volet financier.

    Merci de nous partager un peu de toi dans chaque article. Hâte au prochain !

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    1. Merci pour ces beaux mots, j’espère pouvoir continuer à partager ses émotions avec vous. Merci de me lire et pour les encouragements !

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