On est en 2026, mais rien n’a changé : le monde déteste toujours les femmes.

Quelle surprise.

Depuis quelques jours, sur Twitter, Grok (l’outil d’IA de la plateforme), sous requête d’utilisateurs masculins, dénude des femmes pour les humilier.

Oui, pour les humilier. Car de tous les réseaux sociaux, Twitter est la plateforme sur laquelle on trouve le plus de contenus d’individus de tout genre dénudés. Il y a tellement de contenus à caractère dénudé ou sexuel sur cette plateforme que certains l’utilisent à la place d’applications dédiées à la pornographie, telles qu’OnlyFans.

Et lorsque les femmes se plaignent de ce traitement osent parler, on leur rétorque qu’elles « connaissaient les risques de s’exposer ».

Pardon ?
Quel vide intellectuel.

Ces hommes refusent donc de comprendre la notion de consentement. Au lieu de juger les coupables, on juge les victimes, comme toujours.

On nous en veut d’être dans l’espace public, de prendre de la place, tout simplement d’exister. Ces hommes qui, sous couvert de l’anonymat d’internet, se targuent de vouloir nous protéger sont en réalité des perpétrateurs. Sous prétexte de protection, ils ne cherchent qu’à nous enfermer. Et pourtant ils se diraient supérieur moralement que les talibans.

Et ces mêmes personnes seront les premières à dire : « pas tous les hommes ».
Comme si les femmes ne le savaient pas déjà.

Il existe un dicton chinois (je crois) que je vais paraphraser :
« Un homme fait une blague misogyne. Sur dix hommes : deux rient grossièrement, trois rient en silence, quatre désapprouvent mais ne disent rien, et un seul ose contredire l’intervenant. »

Je ne me rappelle pas la formulation exacte, mais vous en aurez compris l’essence.

Les hommes aiment le corps dénudé des femmes pour les humilier, mais te shament si tu le fais volontairement. Et dans le même temps, ils sont les plus grands consommateurs de pornographie au monde.

Quelle ironie.

Pour cacher leur honte, ils doivent humilier les femmes. Comme lorsque les homophobes les plus virulents sont parfois eux-mêmes homosexuels.

Quelle indignité : se renier soi-même, être incapable de s’assumer, et passer sa vie à foutre la merde dans celle des autres.

Quand je dis les hommes, et que certains, qui pensent ne pas être concernés, se sentent visés, cela me fait doucement ricaner.
Si vous n’êtes pas concernés et que vous êtes incapables de prendre la défense des femmes ou d’utiliser votre privilège masculin : taisez-vous.

En 2026, on nous répète encore que nous sommes le genre le plus privilégié. Qu’on se plaint trop. Qu’on vit dans nos rêves. Qu’on est trop émotives. Que nos attentes sont trop élevées. Qu’on se gonfle quand on réussit. Qu’on est trop intellectuelles.
Bref, nous sommes constamment sous le feu de critiques de personnes résolues à nous comprendre de travers.

J’ai été élevée dans un monde où les femmes venaient à peine d’obtenir le droit de disposer d’elles-mêmes dans la plupart des pays, et un semblant d’équité. Semblant, oui. Car malgré ces maigres droits acquis, les hommes n’ont cessé de crier leur rage après chaque « avancée féministe », réclamant un retour à ce soi-disant modèle traditionnel. J’ai envie d’en gerber.

Chaque fois que les minorités se battent corps et âme pour obtenir un traitement équitable, la riposte dans les années qui suivent est inéluctable. Et je pense que nous récoltons aujourd’hui le contrecoup du mouvement Me Too.

Cela peut sembler fou à dire, mais je crois fermement que certains hommes nous en veulent de prendre de la place — numérique ou physique. Ils nous en veulent d’être désirées. Ils nous en veulent lorsque nous choisissons de disposer de nos corps sans leur approbation patriarcale.

À ceux qui pensent comme les masculinistes à la Andrew Tate ou Kevin Samuels : allez vous faire divinement foutre.
Vous ne méritez rien de bon. Et lorsque vous tombez sur des femmes qui pensent comme vous, vous ne les draguez même pas. C’est bien plus amusant de briser une femme qui est à l’opposé de votre idéologie.

Vous aurez beau nous menacer, nous exclure, nous démoraliser, nous violenter, et parfois même nous tuer — still we will rise.
Le fascisme se lève contre nous comme des marcheurs blancs, mais cela ne nous empêchera pas de vivre comme nous l’entendons, n’en déplaise à beaucoup. Nous ferons des choix pour nous et par nous.

Tant de femmes se sont battues pour obtenir ces droits que certaines ne les considèrent même plus comme des combats à mener.
Mesdames, le féminisme vous donne le choix de faire ce que vous voulez de vos corps et de vos vies. Oui, le jugement existera toujours (nous vivons en société) mais vous ne serez pas brûlées sur un bûcher comme les sorcières de Salem.
Si vous avez le droit de vote aujourd’hui, c’est parce que des féministes radicales ont existé.

Et oui, même si nous sommes parfois en désaccord avec certaines féministes — moi y compris — leur combat reste la libération des femmes. Même lorsqu’il est exprimé d’une manière qui dérange.

Sur ce, à très bientôt.
Prenez soin de vous.

Sur ce, à très bientôt et prenez soin de vous.

MalyneViMuse  💋🤍

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